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Le
calendrier hindou - Seconde partie
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Avant de lire cette partie, il convient de lire la première qui, après un peu d'histoire, donne des indications générales sur les calendriers hindous et présente les calendriers solaires 2) Les calendriers luni-solaires : A partir de maintenant, plus question de construire le calendrier sur des calculs arithmétiques. Ils le seront sur des calculs et des observations astronomiques. Nous verrons d'ailleurs les problèmes induits à ce genre de calculs. Comme dans tout calendrier luni-solaire, c'est la lune qui va servir d'unité : l'année sera composée de 12 mois lunaires. Et comme 12 mois lunaires ne font pas une année solaire, il y aura, de temps à autre intercalation d'un mois complémentaire dans l'année. Le mois sera donc l'intervalle de temps qu'il faut à la lune pour passer d'un certain état à ce même état x jours plus tard. Dans ses différentes phases, la lune passe par deux phases facilement remarquables : la pleine lune et la nouvelle lune. Connaissant la variété de calendriers Indiens, il fallait s'attendre à ce que certains calendriers construisent le mois lunaire à partir du cycle Nouvelle lune-Nouvelle lune suivante et d'autres à partir du cycle Pleine lune-Pleine lune suivante. Gagné !! Ils l'ont fait ! Nous allons donc étudier deux grands types de calendriers luni-solaires Indiens : - Le calendrier
amanta pour lequel le début du mois est marqué
par la nouvelle lune. 2-a) Les calendriers amanta (ou mukhyamana) : Ces calendriers vont concerner les régions ou états suivants :
Chaque mois du calendrier amanta a un nombre entier de jours. Le calendrier est construit de manière à être en phase avec l'année nirayana. Pour ce faire, le mois lunaire amanta va porter, en général, le nom du mois solaire dans lequel tombe son premier jour. Le mois solaire concerné commence au moment exact où il entre dans son samkranti et se termine au moment ou il atteint le samkranti suivant. Il fallait s'attendre à des variantes et nous en avons. Elles portent à la fois sur le nom du mois débutant l'année et sur le début de l'ère. Le tableau suivant résume ces variantes :
* Pour en savoir plus sur les ères, allez à la fin de la page. Pour la suite sur le calendrier amanta et pour plus de clarté dans le propos, nous nous en tiendrons au calendrier chaitra. A vous d'adapter ce qui est écrit aux autres types de calendriers amanta. Comme nous l'avons déjà évoqué plus haut, une année amanta (année lunaire de 12 mois lunaires) est plus courte qu'une année nirayana (année solaire sidérale). Pour que l'année lunaire garde le contact avec l'année solaire, il faudra ajouter périodiquement un mois lunaire à l'année lunaire pour "rattraper" le temps perdu. Cette année lunaire (embolismique) comportera donc 13 mois au lieu des 12 habituels. Mais comment faire et quand intercaler ce mois supplémentaire ? Il est hors de question d'utiliser des règles arithmétiques dans un calendrier "astronomique". Exit donc l'application du cycle de Méton. Heureusement, certains événements astronomiques indirects vont nous aider à régler ce problème. Nous avons vu dans la première partie que la durée des mois solaires est variable. Nous verrons plus loin qu'il en est de même pour les mois lunaires. Nous avons vu aussi que le mois lunaire porte le nom du mois solaire dans lequel il débute (nouvelle lune). De part la différence de longueur du mois solaire et du mois lunaire, il arrive donc que le mois solaire "contienne" entièrement le mois lunaire. Et, par conséquent, ce mois solaire va "contenir" deux nouvelles lunes. Et comme un mois solaire ne doit, selon la règle, ne contenir qu'une nouvelle lune, nous tenons notre événement et nous allons pouvoir rajouter le fameux mois complémentaire : Le mois amanta qui débute à la première nouvelle lune contenue dans le mois solaire sera considéré comme le mois complémentaire et son nom comportera le préfixe adhika (ou mala). Le mois suivant ce mois "spécial" sera le mois normal et son nom comportera le préfixe suddha (ou Nija). Prenons un exemple : le mois solaire Vaisakha contient deux nouvelles lunes N1 et N2. La troisième nouvelle lune N3 est dans le mois solaire suivant. Le mois solaire N1-N2 va s'appeler adhika-Vaisakha et le mois solaire N2-N3 va s'appeler suddha-Vaisakha. Cet ajout d'un mois complémentaire se produit généralement tous les 2 ans et 4,9,10,11 mois ce qui donne, en moyenne, 2 ans 8,2 mois. Un rapide calcul sur 19 ans et nous en arrivons à 7 mois complémentaires pour cette période. Le cycle de Méton est retrouvé et le calcul astronomique rejoint le calcul arithmétique. Cette idée originale de nommer les mois et d'intercaler des mois complémentaires va, malheureusement, se retourner contre le calendrier amanta. En effet, le processus inverse de la double nouvelle lune dans un mois solaire peut se produire pour les trois mois les plus courts de l'année solaire (Agrahayana, Pausha ou Magha) : Un mois solaire ne contiendra aucune nouvelle lune et le mois lunaire sera, ce que j'appelle "orphelin" (kshaya pour les Indiens). Certes, cet événement est beaucoup plus rare que le phénomène adhika puisqu'il n'arrive qu'à des intervalles de 4,19,65,76,122,141 ans, mais il faut bien lui trouver une solution. Avant
de poursuivre en évoquant les différentes solutions, précisons
bien les problèmes des mois à deux noms et des mois sans
nom : Posons ce problème visuellement :
Dans la figure, le mois solaire 9 (Pausha) ne contient aucune nouvelle lune et de ce fait le mois lunaire correspondant devient kshaya. Il faut donc lui trouver un nom parmi les douze connus. Nous remarquons tout d'abord une chose : le mois 6 (asniva) et le mois 12 (chaitra) contiennent chacun deux nouvelles lunes. Ce phénomène est systématique : un mois lunaire kshaya est toujours précédé d'un mois adhika et suivi d'un mois adhika (avec une fourchette de trois mois avant et après). De cette constatation va venir la solution pour nommer le mois lunaire orphelin. Et, bien entendu, différentes écoles vont traiter ce problème à leur façon : -
Solution de" l'école de l'est" : considérer le
premier mois adhika comme complémentaire et le second comme normal.
- Solution de "l'école du nord-ouest" : considérer le premier mois adhika comme normal et le second comme complémentaire. - Solution de "l'école du sud" : elle réconcilie tout le monde en adoptant des règles des deux autres écoles. Les deux mois adhika sont traités comme des mois complémentaires. Le mois amanta qui contient deux samkranti est considéré comme étant jugma (double mois). Chaque tithi (nous en parlerons plus loin) de ce mois est dédoublé. La première moitié du tithi est le tithi du premier mois du double-mois et la deuxième moitié est le tithi du deuxième mois du double-mois. Le mois amanta avant le double mois porte le même nom que si on appliquait les règles de l'école de l'est alors que le mois amanta après le double mois porte le même nom que si on appliquait les règles de l'école de l'ouest. Pour y voir plus clair, nommons nos mois en appliquant les règles de ces trois écoles :
Divisions du mois du calendrier amanta : le tithi Le début et la durée du jour lunaire (tithi) sont basés sur la différence de longitude entre la position du soleil et celle de la lune. Il y a 30 tithis dans un mois amanta et un tithi correspond à la durée pendant laquelle la distance angulaire de la lune au soleil augmente de douze degrés (1/30 de 360°). Ils sont numérotés en commençant à partir de la nouvelle lune. Les 15
premiers tithis constituent sukla pasksha qui correspond à
la période pendant laquelle la lune croît. Ils portent des
numéros de 1 à 15 avec S pour préfixe. Chaque tithi de sukla pasksha et de krinshna pasksha qui a le même numéro porte le même nom sauf le tithi 15.
Les déplacements de la lune et du soleil (de la terre) n'étant pas uniformes, les tithis n'ont pas la même durée. La durée moyenne est de 23H37min30 (23,625 heures) mais peut varier de 19,48H à 26,78H. Chacun des 29 ou 30 jours du calendrier amanta est affecté du numéro de tithi en cours au lever du soleil. Nous allons retrouver ici le même phénomène que dans les mois de l'année. Un tithi peut très bien commencer après le lever du soleil et finir avant le prochain lever. Dans ce cas, son numéro sera ignoré dans le calendrier et ce sera un jour kshaya. De la même façon, un jour tithi peut très bien contenir deux levers de soleil et, dans ce cas, le numéro de jour tithi est affecté aux deux jours. Le second étant un jour complémentaire. La numérotation des jours d'un mois dans le calendrier amanta n'est donc pas continue.
2-b) Le calendrier purnimanta (ou gaunamana) : Ce calendrier va concerner les régions ou états suivants :
Le calendrier purnimanta, comme le calendrier amanta, utilise le mois lunaire pour construire l'année lunaire. Ces deux calendriers ont donc des caractéristiques communes : - Ils
restent synchronisés avec l'année nirayana. Mais, vous vous souvenez que si le mois amanta court d'une nouvelle lune à une autre nouvelle lune, le calendrier purnimanta va couvrir, lui, une période entre deux pleines lunes. Le mois purnimanta va commencer environ 15 jours avant le mois amanta correspondant (le nom des mois est identique dans les deux calendrier). Du fait de ce décalage, le mois purnimanta "couvre" au moins la moitié du mois solaire. L'année purnimanta commence en même temps que l'année amanta de type "chaitra". Ce qui signifie qu'elle commence au milieu de mois chaitra dans le calendrier purnimanta. La première moitié (vadi) de chaitra appartient donc à l'année précédent l'année en cours. On peut se demander quel est l'intérêt d'une telle année purnimanta qui semble être la copie conforme de l'année amanta avec des inconvénients en plus. Notamment de faire débuter l'année en plein milieu d'un mois. Si quelqu'un a des idées sur l'avantage de l'année purnimanta, qu'il me fasse signe. LA SEMAINE INDIENNE : Comme nous, les Indiens utilisent la semaine de 7 jours et, comme nous, ils la font commencer le lundi. Les noms des jours sont les suivants :
LES CYCLES : Le cycle principal des années est le mahayuga ou chaturyuga de 4 320 000 années. Il est divisé en quatre périodes comptées en années humaines et années divines (360 années humaines). Voici ce cycle et ses périodes :
L'actuel Kaliyuga a commencé à minuit le 18 février 3102 av. J.-C. Inutile de vous dire qu'on y est encore pour un certain temps. LES ÈRES : Nous allons nous en tenir aux principales ères directement liées aux calendrier étudiés. En effet, le nombre des ères en Inde est très important. Certaines sont liées aux calendriers d'origine étrangère, d'autres à des variantes locales des calendriers solaires ou lunaires.
A la lecture de
ce tableau, on peut constater qu'il n'y a pas de lien entre la structure
d'un calendrier et l'ère adoptée. L'ère Vikran
est utilisée au nord de l'Inde où le calendrier purnimanta
est usité mais aussi au Gujarat qui connaît le calendrier
armanta. KALI AHARGANA : Les Indiens connaissent depuis plus longtemps que nous un système de comput du temps continu et indépendant de tout calendrier : l'ahargana. C'est l'équivalent de notre jour julien. Il a été inventé par un astronome Hindou (né en 476), Aryabhata I et son point de départ se situe le 17 février - 3101 à minuit. Le temps de référence actuel est l'Indian Standard Time (IST). LES FÊTES : Les fêtes en Inde étant relativement nombreuses et l'étude des festivités dans les différents pays n'étant pas le but de ce site, je vous renvoie à un site spécialisé relativement complet : http://www.ifrance.com/mumbai/les_fetes_en_inde.htm
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