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Le
calendrier hindou - Première partie
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UN PEU D'HISTOIRE : Commençons par une chronologie de l'Inde (jusqu'à son indépendance) pour nous permettre de nous situer dans le temps. Dans la colonne CALENDRIER les noms des différents textes sur lesquels s'appuie la conception des différents calendriers.
LES CALENDRIERS : Aucun doute. Nous
allons bien aborder ici l'étude DES calendriers hindous. Pourquoi cette multitude ? D'abord de par l'existence de nombreuses religions en Inde qui possèdent leur propre calendrier. Bien entendu, dans cette étude, nous nous limiterons aux calendriers purement indiens de par leur conception. Il n'en reste pas moins vrai que notre étude sera certainement la plus compliquée de toutes les pages de ce site. Ensuite, de part la cohabitation de différents types de calendrier (solaire et luni-solaires) et de nombreuses variantes dues à l'existence de plusieurs textes de références (veda ou Surya Siddhanta), de différentes méthodes astronomiques de calcul (ancienne ou moderne), de différentes noms des mois, de nombreuses dates de début d'année variables, de nombreuses manières d'intercaler les mois complémentaires, d'innombrables ères, etc. Mais, essayons d'y voir plus clair dans toutes ces versions et prenons les choses logiquement. Nous allons étudier successivement les calendriers anciens et les calendriers modernes. Nous considérerons comme "anciens" les calendriers qui trouvent leurs sources dans les Vedas et les Vedangas et comme "modernes" les calendriers qui trouvent leurs sources dans Surya Siddhanta. Une chose est
certaine concernant tous les calendriers de l'Inde : Ce sont des calendriers
ASTRONOMIQUES. LES CALENDRIERS ANCIENS DE L'ÉPOQUE VÉDIQUE : Dans les textes du Rigveda, il est fait mention d'un calendrier de 360 jours divisé en 12 mois de 30 jours. Le mois est divisé en deux parties : krsna (lune décroissante) et shukla (lune croissante). La nouvelle lune s'appelle amavasya et la pleine lune purnimas. Bien que les notions de mois intercalaire et de cycle ne soient réellement expliquées que dans le Jyotisha Vedanga, il semble qu'elles aient été connues bien avant. Il existe, en effet, un cycle de cinq ans nommé Yuga dans lequel chacune des cinq années porte un nom précis. Or, on trouve déjà la trace de deux de ces années dans les textes du Rigveda. De là à penser que le mois intercalaire était aussi connu, il n'y a pas loin. Les noms des cinq années du cycle varient légèrement d'un texte à l'autre : samvatsara, parivatsara, idavatsava, iduvatsara (ou idvatsara) et vatsara. On trouve vraiment l'évocation de mois intercalaire dans les textes de Brahmanas et de Mahabharta. C'est dans Jyotisha Vedanga qu'on en apprend plus sur Yuga, le cycle de cinq ans. Ce cycle se compose de 62 candramashas (mois synodiques), 1830 jours et 1860 tithis (1/30 de mois synodique) et débute au solstice d'hiver. Il y a deux mois intercalaires dans un Yuga : samvatsara et parivatsara. L'année comptait deux grandes divisions : uttarayana (les levers de soleil se déplacent vers le nord en direction du solstice d'hiver) et daksinayana ((les levers de soleil se déplacent vers le sud en direction du solstice d'été). L'année était aussi divisée en trois périodes de quatre mois elles-mêmes divisées en 2 saisons. Nous obtenons donc au final six saisons qui sont nommées dans le tableau qui suit et auquel j'ajoute le nom des mois de ces calendriers védiques anciens ainsi que le nom sanscrit de ces mêmes mois tels qu'ils sont désignés dans Jyotisha Vedanga.
Il est certain que ces calendriers "anciens" étaient plutôt arithmétiques et tenaient compte de valeurs moyennes calculées. LES CALENDRIERS MODERNES : Nous en arrivons maintenant à la partie la plus intéressante - et peut-être la plus compliquée - des calendriers indiens : les calendriers modernes c'est à dire ceux dont il faut chercher les règles de construction dans les textes de Surya Siddhanta qui datent quand même de 700-900 ap. J.-C. Le découpage étant facile et logique, nous allons diviser notre étude en deux parties : les calendriers solaires et les calendriers luni-solaires. 1) Les calendriers solaires : A partir de maintenant, plus question de construire le calendrier sur des calculs arithmétiques. Ils le seront sur des calculs et ces observations astronomiques. Nous verrons d'ailleurs les problèmes induits à ce genre de calculs. Si nous nous souvenons de la page astronomie du site, nous savons qu'il existe plusieurs types d'années solaires. Deux d'entre eux vont concerner le calendrier indien : l'année sidérale qui va nous conduire à un système nirayana et l'année tropique qui va générer un système sayana. Le calendrier solaire basé sur le système sidéral ou nirayana est le calendrier solaire traditionnel utilisé par quatre "écoles dominantes" qui vont décliner chacune ses propres règles. Le calendrier solaire basé sur le système tropique ou sayana est le calendrier solaire civil officiel né d'une volonté d'uniformisation (c'était le moins qu'on puisse faire !!) des calendriers par le Calendar Reform Committe né en novembre 1952. Nous reparlerons de ce calendrier national né le 22 mars 1957. Mais, pour l'instant, penchons nous sur le calendrier solaire traditionnel nirayana et ses variantes. Je vous avais dit que notre étude allait être compliquée !! Pas de panique et continuons notre découpage. 1-a) Les calendriers solaires traditionnels : Ces calendriers vont concerner les régions ou états suivants : Les cartes sont établies à partir d'une étude de Leow Choon Lian, élève du Professeur Helmer Aslaksen du département de mathématiques de la faculté des sciences à l'université de Singapour. Cette étude, après vérifications par ailleurs, m'a aussi inspiré le texte des pages sur le calendrier Indien. Merci au Professeur Helmer Aslaksen pour la toujours très grande qualité de ses textes et de ceux de ses étudiants.
Précisons tout de suite qu'un jour solaire (vasara ou panchang) dure d'un lever de soleil au lever de soleil suivant. L'année : L'année est une année sidérale. Pour ceux qui auraient oublié, je rappelle le principe de l'année sidérale : c'est la durée d'une révolution de la Terre autour du Soleil, c'est-à-dire le temps qui s'écoule depuis l'instant où une étoile supposée fixe, le soleil et la terre étant sur une même droite reviennent tous trois dans la même position. La durée moyenne d'une année sidérale est d'environ 365 jours 6 heures 9 minutes 12,96 secondes soit 365,2564 jours. Elle est donc plus longue d'environ 20 minutes que l'année tropique. Dans le calendrier solaire traditionnel hindou, le point fixe à prendre en considération est défini dans Surya Siddhanta : c'est le point directement opposé à la brillante étoile Chitra (Spica dans la constellation de la Vierge ou, pour les astronomes alpha Vir, HR5056). La longitude de Chitra par rapport à ce point est donc de 180°. En 285 ap. J.-C. ce point correspondait à l'équinoxe de printemps. De par la précession des équinoxes, il est maintenant à 23°50 environ de point initial. La durée de l'année nirayana définie dans Surya Siddhanta était de 365,258756 jours qui est plus longue de 3'27 par rapport aux mesures actuelles. A ce sujet, il existe deux écoles (Eh ou i! encore ! !) pour calculer les panchang (ou panjika) hindous. Le panchang est une sorte d'éphéméride qui contient des informations sur les fêtes à célébrer, des données astronomiques et astrologiques). L'école moderne utilise des méthodes modernes de calculs astronomiques alors que la "vieille école des purs de durs" s'en tient aux règles de calculs édictées par Surya Siddhanta. Heureusement, il semble que l'ancienne école tende à adopter les méthodes modernes de calcul. Les mois solaires : L'écliptique est divisée en 12 secteurs égaux de 30° identiques aux signes zodiacaux des Babyloniens. Chaque secteur se nomme rasi. L'entrée du soleil dans un rasi s'appelle samkranti et le premier samkranti correspond évidemment avec le début de l'année nirayana. La longueur d'un mois correspond au temps pris par le soleil pour passer d'un samkranti au suivant et, donc, de parcourir un rasi entier. Dans la plupart des calendriers solaires, le mois porte le nom du rasi que le soleil parcourt. Mais, là aussi, il existe des variantes. La durée des mois est déterminée par calcul astronomique et, du fait du caractère elliptique de l'orbite terrestre, varie en longueur. Avant d'aller plus loin, prenons connaissance de la longueur moyenne des mois, de leur nom ainsi que de celui des rasi.
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A noter que le calendrier tamoul possède des particularités
propres que nous examinerons plus loin En pratique, les Hindous donnent une longueur entière aux mois : si la décimale de la durée est supérieure ou égale à 5, le mois aura un nombre de jours égal à la partie entière + 1. Un mois peut donc avoir un nombre de jours variant de 29 à 32. Il existe plusieurs règles selon le type de calendrier pour fixer le jour qui va débuter un mois. Voici les quatre principales : - Règle pour le calendrier orissais : le mois solaire commence le même jour que le samkranti. - Règle pour le calendrier tamoul : le mois solaire commence le même jour que le samkranti si le samkranti tombe avant le coucher du soleil pour le jour considéré. Sinon, il commence le lendemain. - Règle pour le calendrier malayalam : le mois solaire commence le même jour que le samkranti si le samkranti tombe avant l'aparahna pour le jour considéré. Sinon, il commence le lendemain. L'aparahna est le moment du jour qui se situe aux 3/5 entre le lever et le coucher du soleil. - Règle pour le calendrier bengalais : si le samkranti tombe entre le lever du soleil et minuit du jour J, le mois commence à J+1. sinon, le mois commence à J+3. Cette règle est la règle générale qui peut souffrir de modifications dans des circonstances précises. Quelles que soient les règles utilisées, nous aurons, la plupart du temps, des années de 365 jours. Comme l'année sidérale compte réellement 365,2564 un calcul simple 1/(365,2564 - 365) = 3,9002 nous fait constater que nous aurons une année de 366 jours tous les quatre ans. De part les différentes règles de comptage, ces années de 366 jours ne se produiront pas toutes en même temps dans les différents calendriers. Facile de s'y retrouver, non ? 1-b) Le calendrier solaires national : C'est bien pour mettre fin à cette multiplicité des calendriers que le calendrier national officiel a vu naissance le 22 mars 1957. Est-il arrivé à ses fins ? Quand on connaît la force de la tradition, surtout quand elle s'enracine dans le sacré, on peut se permettre d'en douter et de se demander si nous n'avons pas, tout simplement, un calendrier de plus en Inde. Voyons ce qu'il en est de ce calendrier : - L'ère d'origine est l'ère Saka qui débute en 78 de notre ère. - L'année de référence est l'année tropique. - L'année commence le jour suivant l'équinoxe de printemps. Le rasi de départ est donc celui qui correspond à l'équinoxe de printemps. De ce fait, le premier mois de l'année est Chaitra. - La longueur des mois est fixe (sauf pour chaitra). les cinq mois qui suivent chaitra comptent 31 jours et les autres 30 jours. - Il existe des années bissextiles de 366 jours. Ces années là, chaitra compte 31 jours contre 30 jours pour les autres années. - La périodicité des années bissextiles est telle qu'elle correspond aux années bissextiles du calendrier grégorien. Nous en arrivons donc au tableau suivant :
Je vous propose de poursuivre notre étude des calendriers hindous sur la page suivante où nous examinerons successivement : - les calendriers lunaires - la semaine indienne - les différents cycles - les nombreuses ères - les fêtes et célébrations.
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